Wednesday, June 8, 2011

Je suis capable toute seule


Mon ami Ben me l’avait dit. C’est réellement passionnant écrire un blogue. Oui mais encore faut-il le faire hebdomadairement, voire quotidiennement. Sinon, l’intérêt diminue. On se dit qu’on a déjà omis plusieurs passages importants des derniers temps et on laisser aller les choses sans les agrémenter. 

La dernière fois que j’ai publié, c’était la plus grosse péripétie de mon voyage. Grosse, oui, c’est le cas de le dire. Une grosse masse de viande laissée sur le bord de la route (oui oui, je sais … certain aurait été content de garder des parties pour les manger, mais pas moi !)
Suite à cet aller dans le désert australien, nous sommes revenus à Sydney quelques jours. Ensuite, j’ai décidé de poursuivre ma visite seule, pour le peu de temps qu’il me restait.
Les billets d’avion coûtant moins chers que les billets d’autobus (où est la logique ?), j’ai décidé d’en acheter quelques-uns d’un coup en vue de «remplir» mon dernier deux semaines de voyage.
Ma recherche de maîtrise était terminée et les écoles en congé hivernal, alors … pourquoi pas ?
Mes dernières semaines se résument ainsi en : plongée sur la barrière de corail, tests de plusieurs auberges de jeunesse, 2 nuits à la belle étoile sur un catamaran, visite des îles dans les Withsundays, visite d’Adélaïde en pleine nuit et derniers jours à Byron Bay.
Un gros festival de musique avait lieu à Byron Bay … J’ai dû passer ma dernière nuit sur un banc de parc, faute d’avoir pensé de réserver une chambre avant. Ça m’apprendra !
Enfin, je peux dire que j’ai bourré ma tête de belles images avant de revenir au Québec. Justement, ma caméra m’a laissée tomber à Byron Bay. J’ai alors fait ce que mon père me répète souvent : prendre des photos avec mes yeux.
Avant de quitter l’Australie, j’ai fait un souper avec les amis rencontrés durant mon voyage. Ça fait un peu plus d’un mois que je suis revenue, et certains me manquent déjà. C’est fou comment on peut tout de même tisser des liens en quelques mois.
C’est sûr que partir seule m’a forcé à abandonner la carapace que je porte parfois sur mon dos ; celle qui me permet de m’isoler dans les jours plus maussades. Là-bas, je m’en foutais… Les personnes rencontrées m’ont ainsi connue sous mon vrai jour.
Ça fait travailler la cervelle de partir comme une grande fille. Oui, je sais, je ne suis pas partie 1 an. Mais tout de même. Je me cherchais un peu. Je me suis trouvée petit à petit. Pas totalement encore, mais j’y essaie. Je parle des beaux moments sur ce blogue, mais je ne peux pas nier qu’il y en a eu des plus difficiles. Toutefois, ceux qui ont été plus éprouvants m’ont juste permis de me renforcir. La petite Stéph ne lâche pas prise.
 Justement, c’est un peu ce qui m’amène à recommencer l’écriture aujourd’hui. 

Depuis que j’ai 3 ans, j’ai toujours dit que j’étais capable tout seule. «Laisse-moi faire, je suis capable». J’ai de la difficulté à laisser les autres m’aider, de la difficulté à juste dire : ok oui, ça va pas. J’ai l’impression de déranger les autres dans ce temps-là.
Avec les années, avec les épreuves, j’ai appris que c’est faux. On est pas capable de tout faire tout seul. La famille, les amis, les pairs … ils ne sont pas là pour rien. 
Hier après-midi, ma grand-maman a rendu l’âme.  Elle était bien inquiète que je partie toute seule en Australie. Malgré tout, elle me répétait qu’elle savait que je n’aurais pas de problème, car je me suis toujours débrouillée par moi-même. Si je veux, je peux ! Elle m’a souvent vu aller comme une petite fille qui veut grandir trop vite.
Elle m’a suivie en voyage. Elle a pris la peine de lire tous mes blogues, que ma mère lui imprimait. Je l’ai même appelée à deux reprises lors de mon voyage. Elle ne comprenait pas trop comment je faisais pour l’appeler de l’autre bout du monde … Elle me disait: «Regarde la petite fille qui s’est déjà fait des amis et qui travaille en Australie, rien ne l’arrête !» Mais elle me répétait aussi qu’elle avait hâte que je revienne. Que tout le monde arrête de s’inquiéter …
Et voilà que j’y suis. Entourée de mes proches.
Je suis contente de ne pas être partie plus longtemps.
Comme cela, j’aurai pu la revoir avant qu’elle ne s’endorme à jamais et j’aurai pu lui dire que je l’aimais dans le creux de l’oreille. Je sais qu’elle m’a entendue.
À l’hôpital, ma mère m’a rappelée que Janine lisait mes blogues. Voilà pourquoi je continue à écrire.  
Ça m’a donné le goût de poursuivre. Ceux qui veulent me lire le feront. Ça m’importe peu, car je le fais pour moi-même aussi. J’aime ça, tout simplement !
Je ne suis peut-être plus en voyage, mais je suis tout de même pleine de projets, pleine de rêves et des péripéties, il m’en arrive à tous les jours. Mes proches le savent amplement. Surtout ceux qui vivent avec moi …
Repose en paix petite grand-maman. Je sais que tu continuera à me suivre dans mes voyages et quand j’hésiterai ou que j’aurai peur, je me répèterai seulement : Je suis capable toute seule ! 

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